HTML Document Les écosystèmes du Tchad

Release date 03/01/2011
Contributor francis beninga
Geographical coverage Chad
Keywords ecosystem

Les trois grands écosystèmes du Tchad

Au Tchad, les écosystèmes sont constitués des écosystèmes terrestres, aquatiques naturels et agrosystèmes aquatiques.

Ces écosystèmes se partagent les trois (3) grands domaines phytogéographiques ou bioclimatiques du Tchad à savoir les domaines saharien, sahélien et soudanien.

 La zone saharienne

 Située sensiblement entre les 16e et 23e parallèles Nord et entre les 15e et 24e méridien Est, elle couvre une superficie de 600350 km² soit 48 % de la superficie du pays. Son climat est compris entre les isohyètes 0-200 mm et est caractérisé par une faible pluviométrie annuelle (moins de 200 mm).

L’eau est la principale contrainte écologique qui limite considérablement le développement de la végétation et partant la prolifération de la variabilité biologique ; elle n’est présente que dans les lits d’oueds, plaines d’épandage, zones d’affleurement des nappes. Elle est aussi présente dans les lacs salés d’Ounianga.

En dépit du caractère aride de la zone, la végétation présente une physionomie remarquable. On y trouve des ligneux, des herbacés et des cultures dans les oasis localisés surtout dans les talwegs rocailleux, les lits des enneris* ou oueds, les dunes et les zones sableuses. P. Quezel estime à 568 espèces rencontrées dans cette zone (surtout au Tibesti). On y distingue : comme espèces arborés naturelles : Acacia laeta, Acacia stenocarpa, Acacia seyal, Acacia raddiana, Maerua Crassifolia, Balanites aegyptiaca, Grewia tenax, Acacia flava, Ziziphus mauritiana, Salvadora persica, Hyphaeba thebaica, Tamarix articulata, Phoenix dactylifera…, le tapis herbacé se rapporte aux : Panicum turgidum, Ruella patula, Aerva persica, Cenchrus biflorus, Gossypium sp, Echinocloa colona, Colocynthis vulgaris.

Comme agrosystèmes, les principales espèces cultivées dans les oasis sont le mil et le blé, les maraîchages (tomate, salade, pastèque, carotte, ail, gombo…) (pour l’alimentation humaine), la luzerne (pour le fourrage. L’arboriculture est essentiellement représentée par les vignobles et les agrumes.

 La zone sahélienne

 Située entre les 12e et 16e parallèles Nord, elle couvre une superficie de 490570 km². Elle s’étend des isohyètes 200 à 600 mm. Du point de vue ressources en eau, on distingue des lacs (Lac Tchad, 2e lac africain mais menacé par la désertification, Lac Fitri), des fleuves (Chari, Logone, Batha, Azoum) et des mares temporaires.

La végétation ligneuse se caractérise du nord au sud par les espèces suivantes : Maerua crassifolia, Acacia raddiana, Caparis decidua, Balanites aegyptiaca, Leptadenia pyrotechnica. Plus au sud, on trouve Combretum glutinosum, Scerocarpa birrea, Ziziphus mauritiana et plusieurs variétés d’Acacia. Quant à la strate herbacée, elle est dominée par les Aristida palluda, Cymbopogon proximus, Panicum laetum, Aristida funiculata, Shoenefeldia gracilis, Panicum turgidum, Eragrostis tremula. En dehors de la flore naturelle, on trouve des cultures vivrières (maïs, blé, sorgho, niébé, arachide, sésame), des cultures horticoles et fruitières, des cultures des espèces forestières (rônier, gommier) ; des cultures fourragères (luzerne) et des ressources aquatiques (algue bleue ou Spirulina platensis).

 La zone soudanienne

 S’étendant entre les 8e et 12e parallèles Nord, la zone soudanienne  est la zone la plus arrosée du pays et elle est caractérisée par une pluviométrie de 600 à 1 200 mm. Le réseau hydrographique se rapporte aux fleuves Chari et le Logone qui confluent à 100 km du Lac Tchad prenant leurs sources près des frontières nord de la République Centrafricaine. On y rencontre également plusieurs affluents de ces deux cours d’eau (Salamat, Bahr Azoum, Tandjilé, Ba-Illi…) et des lacs tels que les lacs Iro, Léré, Fianga, Tikem. La végétation comprend trois types de formations : forêts claires à légumineuses et combrétacées ; savanes arborées forestières dominées par les espèces comme Daniella, Khaya, Anogeissus et savanes soudaniennes à combrétacées.